Le journal · Stratégie

Vendre des formations en ligne ne marche plus : voici pourquoi

Tristan Charié  ·  24 juillet 2026  ·  8 min de lecture
Tristan Charié tenant sa récompense Two Comma Club ClickFunnels, décernée pour plus d'un million de dollars générés en tunnels de vente et formations en ligne
2023 — récompense Two Comma Club ClickFunnels : +1 M$ générés en tunnels de vente. J'ai joué le jeu de la formation en ligne… avant de voir le vent tourner.

Si vendre des formations en ligne ne marche plus comme avant, tu n'es pas seul — et ce n'est pas de ta faute. Il y a trois ans, un lancement te faisait six chiffres. Aujourd'hui, le même lancement galère à rembourser ses pubs. Tu l'as senti : le sol s'est dérobé. Tes pubs coûtent 2 à 3 fois plus cher pour le même lead, et ces leads sont moins chauds parce qu'ils connaissent déjà la chanson.

Tu te demandes si le problème vient de toi, de ton offre, ou de ta niche qui sature. Ce n'est aucun des trois. C'est le modèle économique lui-même — le business de la formation en ligne — qui est en train de mourir. Dans cet article, tu vas comprendre précisément pourquoi ton business de formation chute, et surtout quel modèle est en train de prendre sa place.

Pourquoi vendre des formations en ligne ne rapporte plus

Pendant des années, vendre de la formation, c'était l'eldorado. Tu enregistrais un programme une seule fois et tu le vendais à l'infini. Zéro coût de production supplémentaire, peu d'équipe, aucune livraison. Juste un tunnel, du trafic et une marge qui frôlait les 80 %. La vraie liberté : faire le job une fois, et encaisser pendant des années.

Ce modèle s'écroule aujourd'hui pour trois raisons. D'abord, l'information est devenue gratuite. ChatGPT ou Claude sortent un plan d'action sur-mesure en dix secondes. Pourquoi ton prospect paierait-il 200 à 2 000 € pour un contenu qu'il obtient gratuitement en une requête ?

Ensuite, le marché s'est fait empoisonner. Des années de « gourous » et de promesses non tenues ont laissé des traces. En France, dire que tu es « vendeur de formation » est presque une insulte. Les gens sont méfiants — et c'est normal.

Enfin, les créateurs de contenu sont montés en gamme. Ils donnent gratuitement, en vingt minutes de vidéo, ce que tu vendais plusieurs centaines d'euros. L'accès à une information de qualité est devenu une simple commodité. Même les mastodontes du secteur — Udemy, CrossKnowledge — encaissent le choc.

La vraie question n'est donc plus « comment mieux vendre ma formation », mais : où peut-on encore apporter de la valeur ? Parce que c'est là-dessus qu'on se rémunère.

Deux trophées Two Comma Club ClickFunnels de Tristan Charié sur une étagère, preuve d'un business de tunnels de vente et de formations en ligne à sept chiffres
Je ne crache pas dans la soupe : ce modèle m'a construit. Mais ce qui l'a fait fonctionner hier est exactement ce qui le tue aujourd'hui.

La valeur s'est déplacée : de l'information vers le résultat

La valeur a migré. De l'information… vers l'humain et le résultat. Ton client ne veut plus qu'on lui dise quoi faire. Il veut que tu l'aides à le faire — ou, mieux, que tu le fasses pour lui. Clé en main, sans effort.

« Ton client ne veut plus qu'on lui dise quoi faire. Il veut que ce soit fait pour lui. »

C'est la prestation de service qui offre aujourd'hui la valeur perçue maximale. Le hic, historiquement : la prestation de service scale mal. Tu échanges ton temps contre de l'argent. On y reviendra — parce que c'est exactement là que tout change.

Les survivants : trois acteurs qui ont switché au bon moment

Même marché, même IA, même effondrement. Sauf que certains ont senti le vent tourner et ont pivoté au bon moment. Trois exemples valent tous les discours.

Alex Hormozi. Son vrai business model, ce n'est pas de vendre du savoir : c'est de prendre des parts dans des sociétés qui tournent déjà. Alors il a rendu ses formations ultra accessibles, quasi données — pas par générosité, mais pour faire monter un maximum de monde dans son escalier de valeur, et se payer tout en haut en entrant au capital de boîtes rentables. Résultat : il a poussé encore plus loin l'accès gratuit à l'info. Parce que son business, littéralement, c'est de la rendre accessible.

Sam Ovens. Des centaines de millions avec des formations entre 2014 et 2018. En 2019, en plein succès, il arrête tout pour lancer Skool. Son pari : mettre la communauté au centre. L'information n'est plus le cœur — ce qui compte, c'est qu'on t'aide à passer à l'action. (Hormozi a d'ailleurs investi dans Skool. Même vision.)

Reddit. Vingt ans de pertes, puis l'IA explose. L'action fait ×3 et Google signe 60 M$ par an juste pour accéder aux conversations de ses utilisateurs. Reddit n'a rien changé — il était simplement assis sur la seule chose qui prend de la valeur à l'ère de l'IA : de la vraie conversation humaine.

Le point commun entre ces trois ? Ce qui compte désormais, c'est l'humain. Plus l'information.

Alex Hormozi portant une casquette Skool, l'entrepreneur qui a rendu ses formations gratuites pour se financer au capital de sociétés
Alex Hormozi — il a rendu ses formations gratuites : elles ne sont plus le produit, elles sont l'aimant à leads.
Sam Ovens, fondateur de Skool, qui a quitté la vente de formation en ligne pour miser sur la communauté
Sam Ovens — il a quitté la formation en plein succès pour bâtir la communauté avec Skool.

L'escalier de valeur : DIY, DWY, DFY

Pour comprendre où te positionner, visualise un escalier à trois marches. Sur la première, le DIY (Do It Yourself) : « je te montre, tu fais ». C'est la formation classique — en train de mourir. Sur la deuxième, le DWY (Done With You) : « je le fais avec toi » — la communauté, le coaching, l'accompagnement. Et tout en haut, le DFY (Done For You) : « je le fais pour toi » — la valeur maximale.

Ton client ne veut plus grimper l'escalier tout seul. Il veut que ce soit fait pour lui. Le done-for-you, c'est la place à prendre.

Et c'est là que se joue le vrai basculement : ta formation n'est plus le sommet de ton échelle de valeur — elle en est devenue la base. Ce que tu vendais 2 000 € tout en haut, c'est aujourd'hui ton entrée de gamme, quasi offerte. Elle ne sert plus à encaisser : elle sert à faire entrer les gens. C'est ton meilleur aimant à leads, ton marketing, pas ton produit. Le coaching et la communauté prennent la marche du milieu, et le done-for-you devient le nouveau sommet — la seule marche où la marge se fait encore. En clair, l'échelle ne s'est pas cassée : elle s'est retournée.

Ce n'est pas une théorie de plus. C'est exactement le pari qu'ont fait les deux hommes les plus lucides du secteur — et ils l'ont fait ensemble. Hormozi a rendu ses formations gratuites pour se payer bien plus haut, au capital de sociétés. Sam Ovens a quitté la formation en plein succès pour bâtir la communauté avec Skool. Et Hormozi a investi dans Skool : les deux se sont associés autour d'une même conviction — la formation est devenue une commodité, et toute la valeur est passée à la couche humaine au-dessus. Quand les deux meilleurs joueurs de la partie misent leur argent sur la même case, ce n'est plus un signal faible. C'est la direction du marché.

Le vrai problème du done-for-you : historiquement, ça ne scale pas

Reviens à ce qui rendait la formation si belle. Ce n'était pas seulement la marge — c'est que ça scalait tout seul. Un produit créé une fois, vendu à l'infini. Pas d'équipe, pas de délégation, pas de management.

Le service, c'est l'inverse. La valeur est énorme, mais pour grandir il faut recruter, briefer, superviser… monter une équipe. Et là, tout se joue sur deux profils. Le A-player, c'est toi : créatif, proactif — mais nul pour maintenir un système dans la durée. Le B-player, c'est la colonne vertébrale : il applique la procédure à la lettre, c'est lui qui fait tourner la machine.

Le drame du solo : le seul A-player de ta boîte, c'est toi. Et tu n'as ni les B-players, ni le budget pour les recruter et les manager. Voilà pourquoi le service n'a jamais scalé comme la formation. (C'est exactement le mur que décrit Michael Gerber dans E-Myth Revisited : bosser sur son business, pas dans son business.)

Comment l'IA fait sauter le mur

C'est exactement ce mur que l'IA fait tomber. Une IA, c'est le B-player parfait : elle applique la procédure à la lettre, sans fatigue, sans oubli, 24 h/24. Et sa fiche de poste… c'est ton prompt.

Mais attention — c'est là que 90 % des gens se plantent : utiliser l'IA (un prompt, un GPT, ChatGPT) ne suffit pas. C'est un jouet. Le vrai move, c'est de construire tes propres outils et de brancher l'IA directement dans tes process. C'est toute la différence entre ceux qui « testent l'IA » et ceux qui automatisent réellement leur business.

Devenir un solo-AI-preneur : les deux chemins

Un solo-AI-preneur, c'est celui qui livre le résultat fait pour le client, à la vitesse d'un infoproduit. Il obtient la valeur du done-for-you… sans le plafond du done-for-you. Il y a deux chemins pour y arriver, et l'IA débloque les deux.

1. Industrialiser ton propre process de création de valeur. Ce que tu fais à la main aujourd'hui, tu le transformes en machine qui tourne toute seule. Un exemple concret : un artisan que j'accompagne se noyait dans les mails et les devis. Aujourd'hui, sa base de données clients, l'historique de chaque intervention et chaque affaire avancent comme sur un tapis roulant. Il pilote toute sa boîte depuis son téléphone, sur le chantier.

2. Livrer du done-for-you à tes clients via un outil sur-mesure. Tu ne vends plus « je te montre », tu vends « je te le fais » — et c'est un outil IA qui délivre. Autre exemple : une praticienne qui prépare aux concours corrigeait ses copies à la main, une trentaine de minutes chacune. Son outil analyse la copie et annote le document : elle passe désormais cinq minutes à vérifier le travail de l'IA au lieu de trente à tout faire.

Et de mon côté, j'ai poussé la logique jusqu'au bout. Chaque process de mon agence est devenu un outil : tunnels, réunions, emails, vidéos, rentabilité. Un process = une machine. Mon organigramme aujourd'hui, c'est : moi → mes outils → des agents IA qui s'assignent des tâches entre eux. Le middle management a disparu.

Tristan Charié travaillant sur son ordinateur pour construire ses outils IA — la logique du solo-AI-preneur qui industrialise son delivery
Le vrai travail aujourd'hui : ne plus exécuter les tâches, mais construire les outils qui les exécutent à ma place.

Arrête d'entretenir un modèle qui meurt

Avant, pour être libre, il te fallait une équipe qui gère un système. Aujourd'hui, il te faut un système géré par l'IA — et tu peux le construire seul. Tu scales de la prestation de service presque aussi vite que tu scalais de la formation. La valeur du done-for-you, la scalabilité de l'infoproduit. C'est ça, un solo-AI-preneur.

La seule question qui reste : quel process transformerais-tu en outil dès demain ? Bonne nouvelle — tu n'as pas besoin de coder toi-même. Tu as besoin de la bonne architecture : les bons outils reliés, les bons process. C'est le cœur de ce que je mets en place avec le système A.R.T.

Questions fréquentes

Pourquoi vendre des formations en ligne ne marche plus ?

Le modèle « j'enregistre un programme une fois, je le vends à l'infini » s'effondre : l'information est devenue gratuite, le marché de la formation en ligne est saturé et méfiant, et les créateurs donnent gratuitement ce qui se vendait cher. Les pubs coûtent 2 à 3 fois plus cher pour des leads moins chauds. La formation ne disparaît pas — elle devient un aimant à leads plutôt qu'un produit à forte marge. La valeur s'est déplacée vers l'accompagnement et le done-for-you.

Qu'est-ce qu'un solo-AI-preneur ?

C'est un indépendant qui livre du done-for-you — le résultat fait pour le client — à la vitesse et la scalabilité d'un infoproduit, parce qu'il a industrialisé son delivery avec l'IA. Au lieu de recruter une équipe, il construit un système d'outils où l'IA exécute les procédures.

Faut-il savoir coder pour industrialiser son business avec l'IA ?

Non. Il faut la bonne architecture : des process clairs, écrits une fois, puis confiés à l'IA qui les applique. L'exécution technique peut être déléguée ou confiée à des plateformes déjà reliées à l'IA, comme un CRM tout-en-un. Le vrai levier, c'est de brancher l'IA dans tes process, pas de l'utiliser à la main.

Par quoi commencer concrètement ?

Par la cartographie de tes process récurrents : acquisition, contenu, prospection, vente, livraison, SAV, facturation. Identifie l'étape la plus chronophage et transforme-la en outil piloté par l'IA. Une étape à la fois, en commençant par celle qui te libère le plus de temps.


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À propos
L'humain derrière la méthode

Tristan Charié

Fondateur de mARTketing

J'aide les indépendants, coachs et artisans à bâtir un système marketing qui tourne sans eux — les bons outils reliés à l'IA, les bons process, pour livrer du sur-mesure à la vitesse d'un infoproduit.